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Publié le 27 décembre 2016, par dans Non classé.

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11 janvier au matin. Je n’oublierai jamais et pourtant, j’ai la mémoire d’un poisson rouge atteint d’Alzheimer…
Le 8 janvier, j’avais mis au point un plan d’invasion des disquaires indépendants. Ma mission : acheter Blackstar, l’album expérimental de Bowie. Consciente que les disquaires indés n’en auraient que trois exemplaires en vinyle, j’avais établi un itinéraire. Je l’ai trouvé chez le premier. Ce qui ne nous a pas empêché d’aller chez un second, histoire d’acheter d’autres disques. Tout le week-end, nous avons écouté Blackstar. Seuls. Avec des amis. Le dimanche 10, le brunch s’est terminé tard. Vers 23 heures. Quelques bouteilles avaient succombé. Nous sommes allés nous coucher. Ravis que Bowie ait enregistré un putain de chef-d’œuvre ambitieux à l’âge où ses confrères pantouflent, relèvent les compteurs et font des tournées spécial troisième âge avec parking à déambulateurs si besoin.
J’ai dessaoulé direct le 11 au matin à 7 heures.
Je n’avais jamais pensé qu’il puisse mourir. Pas avant moi, du moins. Ça fait des années que je fais tout pour ne pas m’attarder indument ici.

Si j’ai décidé un jour d’écrire sur la musique, c’était dans l’espoir de le rencontrer (tout en ne voulant surtout pas le faire…). Si j’ai compris que je pouvais aimer les filles et les garçons, c’était grâce à lui. Il m’a ouvert plus de portes que n’importe qui dans la vraie vie.
J’ai toujours trouvé ridicule de pleurer sur des gens que l’on n’a jamais rencontrés… Ben n’empêche que j’ai mis à rude épreuve mon eyeliner cette année.
On rajoute à cela Prince et Sharon Jones et ce fut une vraie bonne année pour les ventes de mascara waterproof.

Mars. Week-end à Londres. Passage obligatoire par la comédie musicale Waterloo Sunset. “Je n’ai jamais rencontré une chanson des Kinks que je n’aimais pas”. Dix points de bonus à celle/celui qui sait d’où vient cette citation. Une semaine ou plus à écouter les Kinks en boucle… Que nous avons retrouvés en août pour ouvrir la soirée du mariage de deux amies.

En juin, Marion, ma binôme, amie, photographe, petite frisée, botteuse de cul professionnelle, m’a embarquée, que je le veuille ou non, au festival This Is Not A Love Song. La meilleure idée de l’année, je crois. Petite jauge, ambiance géniale entre passionnés, programmation de rêve. Je me suis éclatée devant Parquet Courts. Chialé ma race devant Air, au point qu’un vigile est venu me consoler (oui, il y a une VRAIE bonne ambiance), adoré Shellac et tant d’autres groupes…

 

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Juillet. Berlin. Sa biennale d’art contemporain dument honorée par les arts snobs que nous sommes. Tatouage Blackstar . Disquaires en masse. Quantité de vinyles ramenés à la maison.

Nouvel album de Divine Comedy. Places de concerts assurées pour janvier afin de voir enfin l’un de mes songwriters favoris avec Damon Albarn, Ray Davies, Lee Hazlewood et Jack White. Avoir mis longtemps à pleinement apprécier le génie de Neil Hannon et s’en sentir presque coupable (je suis très douée en culpabilité).

Aimer en vrac cette année Angel Olsen, le dernier Okervil River, l’enregistrement du casting de Lazarus, le best-of de Air, l’album de Nick Cave, l’ultime de Leonard Cohen (dont pourtant je n’ai jamais été fan), le foufou de Ty Segall, des vieilleries des eighties, un vieux Link Wray, une réédition de Warsaw et de Marquee Moon de Television, une énième version du premier Velvet Underground (j’ai acheté un régime d’album banane depuis mes 15 ans, je crois…), les Tigres du Futur, redécouvrir The Hot Rock de Sleater Kinney, des vieux Roxy Music, le nouveau Daniel Romano, des classiques de Prince et Aftermath des Stones, du Parquet Courts à gogo, et j’en oublie…

Jouer à je te prête mes bouquins de rock, tu me passes les tiens… Et se refiler Girls To The Front contre l’autobio de Dusty Springfield. Lire celles de Grace Jones ou Dave Stewart. Et surtout, lire le manuscrit de l’une, quelques paragraphes de celui d’un autre. Nos amis ont du talent, je ne cesse de le répéter.

Aller au vernissage de l’exposition photos de Marion et Muriel. Deux filles de Rock&Folk avec lesquelles j’ai eu le plaisir de bosser.

Voir beaucoup d’expos. La beat generation. Oscar Wilde. Araki. Di Rosa. Entre autres. Tenter sa chance dans les galeries… Se dire que si on avait des sous, genre plein, on ferait mécène au lieu d’acheter des grosses voitures et du bling.

Passer beaucoup, beaucoup de soirées et de dimanches à boire entre amis. Se dire que les semaines passent très vite. Ou pas, quand on attend le moment de voir les amis…

Filer quelques jours en août en pleine campagne sans wifi pendant que des copains enregistrent leur premier album. Se faire tatouer un chat un peu bancal et grumpy sur une phalange avec Marion sur les coups de 4 grammes du matin.

 

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Dire au revoir à Bettie, la pire et meilleure chatte du monde. Extirpée d’un égout, 17 ans à nous troller et nous aimer. Ne plus mettre les pieds dans le bureau où elle avait sa place depuis qu’elle est morte.

Adopter Yoda le chihuahua. Qui devait s’appeler Elvis, parce que bon, hein, c’est vachement ironique de donner à un mini-chien le nom d’une idole morte obèse… Et au final, laisser Thierry décréter que c’est Yoda, à cause de ses oreilles géantes. Réaliser qu’il était le tout petit machin rigolo qu’on attendait depuis longtemps.

Terminer l’année en osant se lancer dans ce qu’on n’osait plus… Refaire tout l’appartement en 2017. Prévoir de quitter la tanière pendant deux mois, avec des malles de fringues, de bouquins, de make-up et les bestiaux. Abandonner le style pop coloré pour ce que j’aime vraiment, du sobre scandinave froid, qui me ressemble au fond. Le début de l’année va être violent, mais avec un peu de chance, je me sentirai tellement mal que j’aurai besoin d’écrire. Voire de finir la fiction commencée cet été, délaissée depuis. Non, je déconne, faut quand même pas pousser…