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Publié le 8 juin 2016, par dans blabla.

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Crédit photo : Marion « Petite Frisée » Ruszniewski, ma binôme de festival

Depuis la première édition du TINALS (le petit nom de This Is Not A Love Song – je peux l’utiliser maintenant, on est potes), l’affiche donne envie de prendre le premier train pour Nîmes. Mission enfin accomplie cette année, malgré la mauvaise volonté de la SNCF, décidée à organiser une empoignade générale à la Gare de Lyon, vrai moment de grâce pour agoraphobe…
Ci-dessous, les dix raisons d’y faire un tour l’an prochain, enfin pas tous à la fois quand même, je vous rappelle que je n’aime pas la grosse foule !

1. La programmation : la première raison d’aller en festival ne devrait jamais être « c’est chouette, on va aller boire des bières en plein air entre potes », mais un coup d’œil à l’affiche. Et celle du TINALS est canon chaque année. Par exemple, un festival 2016 sans Les Insus et Louise Attaque Tous Aux Abris, c’est de l’inédit, il fallait en profiter. Et avec en vrac, Ty Segall & The Muggers, Shellac, Air, Parquet Courts, Lush, Tortoise et un paquet d’autres, comment dire… ? ah oui, c’est devenu trop rare, à l’ère des grosses machines qui proposent toutes la même affiche consensuelle, à de micro variantes près. Tiens, c’est à croire qu’au TINALS, on pense à la musique d’abord, à l’aspect financier après.

2. Le prix des places : même si je suis invitée, je regarde toujours le prix des places. Histoire de voir si on se paie ou pas la tronche du festivalier lambda qui, contrairement à moi, n’aura pas droit à un pass laminé en sautoir avec sa photo dessus donnant l’accès aux toilettes VIP. TINALS, c’est 25€ la journée, soit la moitié de pas mal des grosses machines sus-citées avec les Insus et Louise Attaque Tous Aux Abris à l’affiche.

3. La taille : je sais, la taille ne compte pas. Sauf quand il s’agit de choisir des vêtements ou un festival. Dans les deux cas, j’opte pour le small, question de confort. TINALS, c’était 4000 personnes par jour pour cette quatrième édition. Un bonheur. Parce qu’il est possible de voir les concerts dans de bonnes conditions, de retrouver aisément ses amis, de ne pas faire la queue une plombe pour boire ou éliminer une bière et comme le réseau téléphonique n’est pas saturé, on peut tweeter ses impressions et poster des selfies en couronne de fleurs sur Instagram, histoire de narguer les amis restés à Paris.

4. La situation géographique : Nîmes, c’est trois heures de TGV depuis Paris et la garantie, à coup presque sûr, de ne pas passer trois jours de TINALS en K-way et bottes d’égoutier, à éviter les bains de boue. Il semble même que les humains n’étant pas dotés d’une peau de vampire peuvent bronzer là-bas…

5. Le site : une grande et une petite scène (avec des concerts gratuits l’après-midi) en extérieur, un petit club et une grosse salle à l’intérieur encadrant un patio avec un bar, des gros coussins éparpillés dehors à côté d’un troupeau de flamands roses et des transats à l’ombre pour se relaxer… Pas besoin de parcourir des kilomètres pour passer d’un concert à l’autre et ça tombe bien, puisqu’il y en a souvent deux, voire trois à la fois dans des créneaux horaires assez proches.

6. L’ambiance : détendue, à mi-chemin entre colonie de vacances pour grands gosses et garden party forte en décibels. Il y a des ateliers pour fabriquer des badges ou sa couronne de fleurs, l’accessoire indispensable pour se la jouer Coachella (ou Coachelley dans mon cas), des jeux de plein air (voir un festivalier imbibé faire du hoola-hop ça n’a pas de prix), une cabine photos gratuite pour se tirer le portrait entre amis (non homologuée pour les photos de passeport, précision utile à l’attention des radins), etc. Pendant trois jours, j’ai craint pour ma réputation de Grumpy Cat…

7. La chapelle de mariage : oui, petit festivalier plein d’amour, de bonnes vibrations et de boisson houblonnée, tu peux convoler au TINALS. Un Elvis presque vrai unit au nom de Saint Paul, Saint John, Saint George et Saint Ringo, tout ce qui bouge ou pas. Nous avons assisté à des scènes de décadence absolue : des garçons en robe blanche épousant leur dulcinée en nœud papillon, des gens se mariant à 5, 6 ou 7, voire à des objets… De quoi filer des AVC à la Manif pour Tous (apparemment, c’est un des objectifs secrets de l’animation…) J’en ai profité pour m’unir à Marion et deux copines. En robe sixties à se damner, même si elle n’était pas noire.

8. Le public : à l’inverse de celui des grandes messes en plein air, souvent là pour déconner entre copains et, éventuellement, se cogner les Insus et Louise Attaque Tous Aux Abris en fond sonore, le public du TINALS est motivé et vient là, oui, c’est dingue, pour voir et écouter des groupes. J’ai assisté à des concerts entiers sans être bousculée toutes les trente secondes par un déshydraté chronique trimballant quatre pintes. Ok, j’avoue qu’il n’y avait pas que des amateurs éclairés dans le public. Ou alors, ce couple interloqué disant, quand Air a débarqué sur scène « Tiens, ils n’ont plus leurs casques » avant de se barrer après un morceau, m’a bien trollée…

9. Le public, bis : un phénomène étrange s’est produit à TINALS. Je n’ai pas croisé Drapeauman ou la Crêpe Humaine, deux incontournables des grandes messes en plein air. Ont-ils été découragés par les grèves ? Les intempéries récentes ? Ont-ils préféré We Love Green qui avait lieu le même week-end ? S’ils me lisent, je les invite à venir l’an prochain, parce qu’une Crêpe Humaine, avachie entre un bouquet de flamands roses, ça aurait de la gueule quand même !

10. La passion : un festival pour des passionnés, organisé par des passionnés, ça se sent. Sur le mini-village du site, par exemple, on trouvait un vrai stand de disques, tout vinyles, bien sûr, à prix raisonnables plutôt que des marchands de merdouilles n’ayant qu’un rapport très lointain avec la musique. C’est un détail, peut-être, mais en festival, je trouve cela aussi essentiel que les food trucks et les bars. Après fouinage approfondi dans les bacs, il ne s’agissait pas que des albums des artistes à l’affiche, loin de là…

Ce billet n’a été absolument pas sponsorisé, même si la presse a été invitée à un apéro-débriefing par les organisateurs du TINALS. (Oui, c’était open-bar, ce qui a sans doute creusé un cratère dans le budget de l’an prochain.) Mais, eh, fuck, c’est mon blog, j’y écris ce que je veux et, pour une fois, au lieu de râler, j’avais envie de faire mon Bisounours. (Si vous me cherchez au rayon jouet, je suis le Bisounours habillé en noir, avec une clope et un verre brodés sur mon ventre en peluche.)