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Publié le 20 novembre 2015, par dans blabla.

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Travail collaboratif. La photo est de moi, le choix du filtre et le recadrage de Marion.

Cette semaine, j’ai écouté beaucoup, beaucoup de musique. Pour ne pas être tentée d’écouter trop d’informations en vrac, sans filtre. Des rumeurs. Des discours rageux.

Le 7 janvier, comme le 11 septembre 2001, la seule chanson qui tournait en boucle dans ma tête, c’était “It’s The End Of The Wolrd As We Know It”. Pas cette fois, parce que je ne me sentais pas bien du tout. “Five Years”, avec ses images de fin du monde m’a hantée, “Do You Realize” aussi, puisque soudain, ses paroles avaient un écho bien réel. Oui, tous les gens que j’aime un jour vont mourir et il faut leur dire qu’on les aime tant qu’ils sont là. Ça sonne comme un cliché un peu naïf et pourtant, ça ne m’a jamais semblé aussi vrai que ce vendredi-là.

Je ne sais pas si, au moment de mourir, on voit sa vie défiler sous ses yeux et lorsque ça m’arrivera, je ne serai pas là pour l’écrire. Pourtant, vendredi, je n’ai pas cessé d’imaginer un monde sans… Un monde sans tous ces amis qui étaient là-bas, au Bataclan. Et franchement, il était sinistre, ce monde. Je me suis reprochée de ne pas y être. De ne pas être aux côtés de cette amie qui m’appelait pour avoir des nouvelles de son compagnon. De ne pas être là pour recueillir les amis ayant réussi à s’enfuir. D’avoir appelé et peut-être mis en danger cet ami qui n’a pas été tout de suite à l’abri. Pas là pour tenir la main à cette amie blessée. L’amie qui collabore à mon blog, me botte le cul lorsque je ne le mets pas à jour (elle n’est pas la seule, l’autre se reconnaîtra), a couvert des tournées et des concerts avec moi, m’a donné mon surnom de “Grumpy Cat” à cause de ma légendaire bonne humeur, fête son anniversaire avec moi chaque année, me trimballe en voiture et râle si je paye l’essence, fait office de critique gastronomique pour mes gâteaux, se faufile pour me choper un verre au bar même quand il y a la foule…

Je ne suis pas une grande démonstrative. Je garde mes sentiments soigneusement planqués sous mes airs de glaçon. Je suis capable d’être cruelle ou injuste avec les gens que j’aime lorsque je ne vais pas bien, plutôt que de dire que là, bof, ça va pas, j’ai besoin d’aide. Et je n’en suis pas fière…

Vendredi soir, j’étais prête à quitter Paris pour aller vivre loin. Au calme. Avant de réaliser que si je ne risque pas de mourir de mort violente au calme, je vais dépérir d’ennui et surtout de solitude.

Je ne sais pas quand la vie reprendra un cours à peu près normal, j’espère juste, qu’en attendant, nous n’allons pas céder à la haine. Sauf envers les théoriciens du complot et leurs rumeurs odieuses, les politiciens récupérateurs, les tarés qui détestent tant leur vie qu’ils décident d’abattre ceux qui aiment la leur et en profitent à fond.

J’ai posté sur mon mur Facebook les témoignages des amis présents au Bataclan ce soir-là. C’est parfois insoutenable à lire, mais nous devons, nous les chanceux qui n’étaient pas là, écouter leur histoire. Tenter de comprendre ce qu’ils ont ressenti, même si notre imagination est dépassée…

Cette semaine, j’ai aussi regardé beaucoup, beaucoup d’images. Trop. Pas toujours belles. Même s’il est encore tôt pour certains, dont je fais partie, pour retourner à un concert, je suis allée revoir les photos de live de Marion et celles de tout, avec leurs titres acrobatiques du belogue de Wallendorff. Une image valant mille mots (ou plus, je ne me souviens plus du cours exact), je vous laisse en leur compagnie. Si vous aimez ce qu’ils font, dites-leur. Tant pis pour leur modestie. Et si vous voulez recouvrir Facebook de leurs images ou de celles de vos potes photographes et m’invitez à en faire de même, promis, pour une fois, je ne ricanerai pas comme une sale cynique.