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Photo de Marion Ruszniewski, prise devant l’autel à Elvis

J’étais d’abord partie sur “The Nobodies” de Marilyn Manson, parce qu’ado, j’avais l’impression qu’il était le seul qui me parlait, mais finalement, j’ai eu la révélation au Hellfest pendant le feu d’artifice. Ils ont passé “Bohemian Rhapsody”, la chanson qui m’a accompagnée toute ma vie. Et avec 90 000 personnes qui l’ont reprise en chœur, c’était quelque chose…

Mon premier contact avec le rock s’est mal passé. J’avais 5-6 ans. On avait offert à mon père la vidéo de The Wall et ma mère ne voulait pas que je la regarde parce qu’elle trouvait ça trop trash… Mon père étant chauffeur poids lourd, il avait l’habitude de se lever à 4-5 heures du mat’, même le week-end et de regarder la télé. Et un matin, je me suis levée plus tôt et je suis tombée sur une séquence de The Wall, celle du cimetière avec les fantômes qui dansent. J’ai flippé, je n’ai pas dormi pendant un certain temps.

Et un autre dimanche, je suis aussi tombée du lit. Mon père avait enregistré à la télé le Live At Wembley de Queen. J’ai découvert Freddie Mercury et ça m’a ouvert un monde totalement différent. Il chantait “Bohemian Rhapsody” et j’ai regardé tout le concert, ébahien, mon père ronflant à côté de moi… Je me souviens d’avoir été estomaquée lorsque Queen a joué “Radio Gaga” et que tout le stade s’est mis à taper dans les mains. C’est vraiment là où j’ai eu un éveil musical. A 5-6 ans, tu aimes les chansons qu’on t’apprend à l’école ou ce que tes parents écoutent. Cette fois, je me suis approprié ce truc. Mon père a acheté un petit bouquin sur Queen, avec les paroles des chansons, dont celles de “Bohemian Rhapsody” et le premier mot que j’ai appris en anglais, c’est trigger parce qu’il m’intriguait.

À 10 ans, mon oncle m’a offert un baladeur avec une cassette, sur laquelle figurait le Live At Wembley. Quand j’allais chez ma grand-mère où on était toujours très nombreux, je m’isolais beaucoup, d’autant plus grâce à cette cassette. Je m’enfermais dans son placard, entre les patates et les boîtes de thon, pour me couper du bruit et écouter “Bohemian Rhapsody”. Je voyais dans ma tête tous les personnages d’une scène de théâtre… Freddie Mercury, c’était mon Captain Planet ! Dès que ça ne va pas, c’est la chanson que je vais réécouter et et même si les paroles sont très noires, ça me rappelle mon cocon protecteur, avec mon père, etc.

Et la version indispensable de Wayne’s World !