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Publié le 29 juin 2015, par dans Non classé.

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Dois-je préciser que la photo est signée Marion Ruszniewski ?

C’est une question impossible. Tu me la poserais demain ou dans une demi-heure, je t’aurais donné une autre réponse. Là, c’est la réponse de 21h20, sachant que celle de 21h30 serait différente. Donc, je dirais “Blue Moon” d’Alex Chilton, qui figure sur le troisième album de Big Star, avec un arrangement de corde très joli. L’album a été enregistré dans un contexte assez particulier dans la vie d’Alex Chilton, il y a des morceaux d’une déprime abyssale, comme “Holocaust”, et “Blue Moon” arrive à être nostalgique sans être triste. C’est peut-être le morceau le moins désespéré de ce disque.

La base de ma culture musicale est la new wave et à cette période-là, les disques de This Mortal Coil ont été très importants pour moi. C’était des albums de reprises. Ivo, qui est aussi le co-fondateur de 4AD, a rendu hommage aux morceaux des années 60-70 qu’il aimait bien, en les faisant reprendre par This Mortal Coil de manière assez grandiloquente… J’adorais ces albums, mais du jour où j’ai compris qu’il s’agissait de reprises, j’ai eu envie d’écouter les originaux. Sur le premier album, il y a une reprise de “Holocaust”, j’ai regardé les crédits, vu le nom d’Alex Chilton et eu envie de creuser.

Je regretterais toujours de ne pas avoir vu Alex Chilton en concert. Quoique, non, je l’ai vu aux Transmusicales de Rennes à l’époque où il avait un projet appelé Cubist Blues, avec Ben Vaughn et Alan Vega. J’ai assisté à leur conférence de presse après le concert. Vega la squatte totalement avec son talent de bateleur habituel. Et Alex Chilton est dans la salle. A un moment, je me retrouve à côté de lui et fatalement, je suis impressionné. Sans vouloir faire mon fan de base, je l’aborde en lui disant, je veux juste vous serrer la main, vous remercier pour tous les disques que vous avez faits, je trouve ça magnifique, chaque fois que j’écoute “My Rival”, j’ai des frissons… Et pour être honnête j’ai senti qu’il n’en avait rien à péter. C’était en hiver et pour me serrer la main, il n’a même pas retiré son gant ! Cette petite mésaventure a mis un frein à toutes les déclarations d’amour spontanées avec lesquelles j’étais susceptible d’assaillir tous mes artistes préférés.