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J’ai toujours trouvé absurde le concept de partir sur une île déserte avec ses disques préférés. Si l’île est déserte, EDF ne se sera pas cassé la tête à y installer l’électricité, déjà. Et étant un tant soit peu maniaque, je n’aurais pas envie d’exposer aux éléments mes vinyles favoris… Sans parler du sable sur la platine, hein, bon, je sais, je n’aime pas la nature, mais c’est elle qui a commencé. Donc voilà, l’île déserte, je ne l’utilise qu’à des fins professionnelles. Ce qui ne m’empêche pas de me poser mes propres questions à la con. Comme, par exemple, s’il ne restait qu’une chanson dans votre vie, si vous n’aviez plus qu’un disque à écouter jusqu’à la fin de vos jours, duquel s’agirait-il ? Je n’ai pas encore réussi à répondre à cette question. Mais je suis en train de la poser autour de moi à tous les mordus de musique que je croise.

Pour cet épisode 00, honneur à celle dont les portraits vont illustrer cette série…

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Photo Mathieu Bournazel

Marion : Je n’ai pas de chanson préférée… Mais il y a en a une que j’ai écoutée en boucle et en boucle, au point de m’être fait tatouer les paroles dans le dos, c’est “Obstacle 2” d’Interpol. A la base, Interpol, c’est une Black Session de France Inter pour moi. J’étais dans mon salon, j’écoutais ce nouveau groupe et j’avais la chair de poule, les poils qui se dressaient sur les bras… Je trouvais ça incroyable. Je les ai vus ensuite au Trabendo, ils devaient faire la première partie de Girls Against Boys dont je suis méga-fan… Et comme Interpol était à la bourre, Girls Against Boys a joué en première partie, c’était une grosse frustration, le concert était trop court, le public qui était là n’y était pas vraiment pour eux, Interpol a fait un concert pourri, rien à voir avec celui de la radio… Et puis, l’album sort et je l’écoute, je l’écoute… Il se retrouve même bloqué dans mon autoradio et j’ai conduit de nuit, en rentrant du ski, avec ce CD en boucle.