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Publié le 6 août 2014, par dans blabla, Grumpf.

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Ce matin, ça s’indigne sur Twitter et Facebook. Le NME a publié sa liste des 100 artistes les plus influents et dans le Top 25 ne figurent pas les Beatles, les Stones, Dylan, les Who, etc. Tandis que mes camarades s’organisent pour sauter dans le premier Eurostar, torches et fourches en main, je me creuse les méninges, en quête d’une explication. Les journalistes ont-ils fait ce classement à 4 grammes du matin au pub du coin ? Un correcteur troll aurait-il tout chamboulé avant de guetter les réactions sur les réseaux sociaux, pop-corn à portée de main ? Et pourquoi me suis-je collée ma brosse à mascara dans l’œil droit ? (ça n’a rien à voir, mais c’est désagréable. Autant que de ne pas être dans le Top 25 pour Dylan, sans doute)

Redoutant le plasticage de ses bureaux, le NME a publié une explica-justification. En gros, la rédac’ ne voulait pas une fois de plus s’incliner devant les mêmes statues du commandeur et s’est demandé ce que les jeunes groupes aujourd’hui écoutaient et émulaient. Ça se tient. Et ça aurait pu couper la chique aux râleurs qui se plaignent que dans la presse rock, on laisse trop de place aux morts et aux momies à guitares. Mais le râleur, n’aimant rien d’autre qu’entretenir son ulcère, s’est empressé de chouiner que hein, bon, faudrait quand même pas manquer de respect aux papys du rock et scier en douce les pieds du déambulateur…

Ah, au fait, et moi, j’en pense quoi, vous demandez-vous par-delà votre écran ? (Ou pas, c’est votre droit. Mais alors que foutez-vous là ?). Vous allez rire, mais je m’en cogne de cette liste. Je préfère aller regarder une vidéo mignonne d’un chaton jouant avec la queue d’un autre chat.

Je ne comprends toujours pas l’intérêt des listes, si ce n’est pour remplir des pages de magazines pendant l’été. Ou à la fin de l’année, quand l’actualité musicale frôle le néant. Laissons les classements aux sportifs. On ne peut pas classer de façon satisfaisante des artistes, sauf par ordre alphabétique quand on a une grosse discothèque. Les listes sont par nature subjectives. Il n’existe pas d’algorithme pour déterminer si, oui ou non, “Like A Rolling Stone” est une meilleure chanson que “Waterloo Sunset”, si Nirvana est plus fort que les Beatles ou si Radiohead est plus influent sur les groupes actuels que les Who… Si je vous demande aujourd’hui quelle est votre chanson préférée de tous les temps, je doute que vous me donnerez la même réponse samedi soir, après quelques verres ou lundi matin, quand, frappé de céphalo-rectalée vous irez en zombie au boulot… Je parle en connaissance de cause. Il y a des jours où je bloque totalement sur un artiste, un album, voire un morceau et je n’écoute que ça. En boucle. Deux semaines après, je compulse sur un autre. Ou je n’écoute que des playlists où figurent des dizaines de groupes…

Le jour où je me présenterai à la présidence, je tiens mon slogan. Moins de listes, plus de playlists. Je préfère qu’on partage avec moi ses morceaux préférés que ses opinions définitives. Qui changeront l’an prochain, au prochain hors-série spécial listes de classements des tops.