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Publié le 26 septembre 2013, par dans Expo.

Photo de Sylvia Hanschneckenbühl par Marion Ruszniewski. Aucun dyslexique n’a été maltraité pour la rédaction de cette légende.

Samedi soir, c’est vernissage. A partir de 19h. Au Gibus Café (127 rue St-Maur, Paris 11e). Avec sur les murs, rien que des photos de filles à guitares ou à micro, immortalisées en pleine action par Marion Ruszniewski. Et ça tombe bien, parce que la photo de live, c’est une des spécialités de Marion et si, sur son site et sa page Facebook, ses images tabassent, imaginez un peu ce qu’elles donnent en vrai et en grand format…

Ce sera aussi l’occasion de dire un fuck franc et massif à l’idée toute faite et toute fausse qui veut que la photo de concert est éphémère, vite prise et oubliée, simple illustration d’un live report… Si la photo de concert est jetable et périssable, pourquoi certaines restent pour toujours gravées à l’esprit, associées à la légende d’un artiste ? (La fellation de Bowie sur la guitare de Ronson, Iggy marchant sur une marée de mains tendues, Kurt Cobain en fauteuil roulant au festival de Reading, Paul Simonon détruisant sa basse sur la pochette de London Calling, Wayne Coyne traversant la foule dans une bulle de plastique géante, etc.) La photo live ne ment pas ou très peu, elle saisit l’artiste en plein lâcher prise public et surtout, elle dégage une énergie qu’aucun live report ne peut restituer.

Comme je travaille dans un rayon où l’instantané n’existe pas vraiment (ce papier de blog a déjà été refait deux fois… et si je veux le publier avant la fin de l’expo de Marion, il va falloir que je m’auto-botte les fesses), je suis bluffée par la capacité des photographes à bosser dans l’urgence. Et je ne parle pas des conditions dans lesquelles certaines des photos de Marion (et de ses confrères et sœurs) ont été prises : éclairages pourris, fosse non-existante, slammeurs déchaînés, scène trop hausse ou trop basse, exigences absurdes (un morceau seulement, mais sans flash et dans le noir), contrats débiles à signer de son sang, de quoi donner des envies d’enfiler son costume de (mosh)pit-bull.

Samedi soir, c’est vernissage, donc. Avec, à 20h, le concert de Sylvia Hanschneckenbühl. Même si nous n’étions pas amies, je dirais le plus grand bien de ses chansons cruelles, qu’elle vous susurre d’une voix tout en miel et fiel, avec son air de ne pas y toucher. En plus, elle reprend Dirty Girl de Eels, ce qui fait d’elle une fille de goût.

Si tous ces arguments ne vous poussent pas à quitter votre canapé samedi, il y aura à boire en tarif happy hour pour les 30 premiers arrivés et je vais passer la journée aux fourneaux pour préparer des machins à manger afin de noyer un peu votre alcool. Alors à samedi, n’hésitez pas à venir nous faire des bisous, à dire à Marion et Sylvia que vous adorez leur bel univers… Et à me payer un verre parce que je me déshydrate vite en société.