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Publié le 29 août 2013, par dans blabla, Reportage.

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Rock en Seine vu par Wallendorff Le reste des photos sur son site !

La saison des festivals en plein air est finie. Il est l’heure de dresser un comparatif entre les deux grandes messes sous l’égide de sainte Gadoue auxquelles j’ai assisté cet été.

Affiche : Je suis partie fleur au fusil aux Eurockéennes voir Blur et My Bloody Valentine en exclusivité. En prime, il y avait les Black Angels et ça, ça ne se refuse pas non plus. Bonnes surprises au passage avec JC Satàn, Palma Violets et Deep Vally. Et Rock en Seine m’a attirée dans sa toile avec Franz Ferdinand, Belle & Sebastian, Eels et Nine Inch Nails. J’ai découvert The Computers qui m’ont permis d’oublier la pluie sur la frange et si je n’attendais pas grand-chose de Johnny Marr, j’en suis repartie enchantée.
Sur ce coup-là, égalité.

Affiche, bis : Les programmateurs des Eurocks et de ReS connaissent-ils mon goût pour les endives ? Sinon, je ne m’explique pas pourquoi ils ont tous deux programmé Phoenix en tête d’affiche.
Égalité. L’endive, c’est dans mon assiette uniquement.

Conflit d’affiche : Aux Eurocks, l’enchaînement My Bloody Valentine-Blur a été délicat à gérer. A ReS, j’ai dû sacrifier les Pastels qui jouaient en même temps que Franz Ferdinand (ma crédibilité indie en a pris un vieux coup). Et les Parquet Courts ont eu la malchance de débuter leur set alors qu’Eels achevait le sien. Et de se produire sur la Scène Pression Live, dite Le bout du monde. Voire le Trou-du-cul du monde à 2 grammes du matin.
Léger avantage aux Eurocks. Mais sans pass presse et regard de Bambi au bord du suicide adressé au vigile, je n’aurais jamais pu me glisser près de la fosse des photographes.

Moments forts : Dernier soir aux Eurocks, set de Blur, enchaînement magique de Coffee and TV et Tender qui m’a permis de vérifier que mon eyeliner est bien waterproof. Samedi à ReS, Nine Inch Nails joue Hurt en rappel, sous forte influence de la reprise de Johnny Cash. Je n’avais jamais sangloté auparavant à un concert.
Égalité. Parce que l’émotion ne se mesure pas qu’au Kleenexomètre.

Public : Aux Eurocks, j’ai vécu en immersion avec des vrais gens. Enfin, on m’a expliqué gentiment, pendant que je respirais dans un sac en papier afin de calmer mes spasmes que ces jeunes gens déguisés, affublés de t-shirts humoristiques, parfois coiffés de casquettes ornées d’une bite et déambulant en grappes en braillant Les Sardines de Patrick Sébastien, étaient des « vrais gens ». A part ça, j’ai rarement vu un public se foutre autant de la musique, trop occupé qu’il était à tétouiller de la bière tiède dans des sacs à dos/outres ou à se vomir dessus. Changement radical à Rock en Seine. Public bobo, branché, fashion, certes (je suis mal placée pour me moquer malgré mon besoin chronique de langue-de-puter), mais motivé par les concerts. Oui, même sous la flotte le dimanche. Et à aucun moment, je n’ai dû éviter une douche de gerbi (ok, j’aurais pu finir sous un quad sans les réflexes rapides de mon saoul brother et body guard en milieu hostile, mais je n’avais qu’à pas relâcher ma vigilance de suricate une demi-seconde aussi).
Avantage très net à Rock en Seine. Parce que les casquettes à bites et Les Sardines heurtent mon sens esthétique. Et l’indifférence à la musique, encore plus.

Le site : La presqu’île de Malsaucy est jolie, mais le site des Eurocks a des côtés Waterloo morne plaine… Trop peu de végétation pour se mettre à l’ombre côté grande scène, odeur de bouse de vache prononcée, moustiques voraces en quête de chair bio parisienne… Le seul point fort, c’est la scène de la plage, pieds dans l’eau, avec sa vue sur le lac. Au domaine national de Saint-Cloud qui accueille Rock en Seine, c’est l’inverse : plein d’arbres, bien utiles quand il flotte ou que le soleil cogne (on a eu droit aux deux configurations), une butte parfaite pour voir les concerts de haut, des points d’eau pour remplir sa bouteille entre deux verres et peu de moustiques au final.
Avantage à Rock en Seine. Parce que ces putes de moustiques de Belfort se sont conduits sur mes guiboles comme un rock-critique à un open-bar.

Espace presse : Le Bar du Boulot des Eurocks porte bien son nom. J’y ai bossé au point d’avoir une crampe au coude. En revanche, il est séparé de l’espace presse et c’est moyen pratique quand on veut recharger l’iPhone ou choper le wi-fi et poster des photos moches sur Instagram pour narguer les absents. Quant aux VIP-PI-rooms, entre l’absence de lumière où tu te surprends à fredonner Pissing in dark sur l’air de Dancing in the dark et la propreté moyenne, ils ne méritaient pas leur statut de VIP. L’espace média et VIP de Rock en Seine n’a rien de roots et c’est tant mieux. Transats, petites tables, parasols, bougies, deux bars, un restaurant, des pipirooms vraiment VIP, propres et équipés d’Airblade de Dyson pour se sécher les mimines, c’est un havre de paix sur fond de washi-washa entre deux concerts.
Avantage à Rock en Seine. Si en prime, il y a une formule végétarienne au resto l’an prochain, je ne mangerai pas que liquide, promis.

Prix de la picole : 3 euros le verre de vin aux Eurocks contre 3,5 euros à Rock en Seine. Mais à Rock en Seine, on buvait son vin dans des verres à pied consignés, tellement plus adaptés que les gobelets à bière.
Léger avantage pécuniaire aux Eurocks. Mais question classe, Rock en Seine remporte la mise.

Avantage à Rock en Seine, même si ses super héros ont parfois l’air un tantinet fatigué.

Photo Marion Ruszniewski Le reste des photos sur son site aussi !